Balade avec les Jardiniers de Maubeuge et de la Vallée de la Sambre

Chronique pour « La Sambre » du 26 avril 2024 N° 748

    L’un des plus émouvants spectacles que la nature offre aux jardiniers et à tous ceux qui aiment la contempler, c’est celui de la germination. Chez les humains et beaucoup d’animaux, le futur être se manifeste déjà par de nombreux signes d’activité. Chez les végétaux, les graines ne présentent aucune expression de vie, on pourrait penser qu’elles sont mortes. Et pourtant ! Dès qu’elles trouvent des conditions qui leur conviennent, elles se réveillent en quelques jours. Le jardinier assiste alors à une transformation véritablement phénoménale.

Pour germer, une graine nécessite une température adaptée, ce qui explique que le printemps soit la saison de la germination. Les basses températures hivernales ont suspendu l’évolution de la graine. S’il n’a pas fait suffisamment froid, le jardinier aide la nature en plaçant ses graines quelques semaines au réfrigérateur. En retrouvant des températures plus douces, la graine subit un coup de boost qui va lui permettre d’entrer en germination. Mais la chaleur seule ne suffit pas, encore faut-il qu’elle s’accompagne d’humidité.

L’eau doit pénétrer par capillarité entre l’enveloppe de la graine, appelée tégument, et l’embryon desséché. Une fois humidifié, il gonfle et déchire le tégument. Les cellules se remettent en activité, en puisant des forces dans les réserves que la plante mère a accumulées dans le corps de la graine. L’embryon se développe en deux zones, la future racine et la future tige. Lorsque le sol ne comporte pas suffisamment d’humidité – ce qui n’est pas le cas en ce début de printemps 2024 – le jardinier n’oublie pas de faire tremper ses graines la veille du semis, pendant 24 heures, dans une eau à environ 20°, en les rinçant deux ou trois fois.

Si elles sont stockées dans des conditions adaptées, les graines peuvent se conserver longtemps. Le pouvoir germinatif des graines de coquelicot peut, par exemple, aller jusqu’à 100 ans. Le record connu est détenu par les semences d’un palmier dattier qui ont réussi à germer 2 000 ans après avoir été enfouies dans des sédiments à l’abri de l’air.

Lorsque les conditions de conservation ne sont pas idéales, les graines peuvent s’oxyder sous l’action de l’air, ce qui altère leur pouvoir germinatif. Ce sont surtout les graines les plus riches en lipides qui s’abîment le plus facilement.

Pour réussir la germination, le mieux est de choisir des variétés locales, qui sont les plus adaptées à nos conditions climatiques et à nos types de sols. Des jardiniers de notre association ont aussi remarqué que les graines germent le mieux là où elles sont nées. Raison de plus pour les produire soi-même.

Il arrive qu’une certaine proportion de graines ne germent pas, bien qu’elles aient été conservées et semées avec les autres, dans de bonnes conditions. Même pour le jardinier, la nature demeure un mystère.

Association Les Jardiniers de Maubeuge et de la vallée de la Sambre

Site internet : lesjardiniersdemaubeuge.fr

Au printemps, les graines prennent vie

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