22 août 2026 à 15 h

Mario Saenz et William Skrjranc

Document établi avec Philippe Brasselet en 2023

  1. Introduction
  2. Avantages/inconvénients du bouturage
  3. Différents types de boutures
  4. Où prélever
  5. Comment prélever
  6. Matériel de bouturage
  7. Types de substrats
  8. Bouturage du rosier
  9. Hormone de bouturage
  10. Les boutures à bois sec
  11. Mise en œuvre des boutures

1°) Introduction

Nous aimons tous multiplier les plantes et pour cela nous employons plusieurs méthodes telles que :

– le semis, pour les légumes et les fleurs

– la division de touffe, surtout pour les fleurs vivaces

– le marcottage, pour les arbustes

– enfin, ce qui nous intéresse aujourd’hui, « le bouturage » qui se pratique pour les légumes, les fleurs, les plantes d’appartement, les arbustes et les arbres.

2°) Avantages / inconvénients

Le bouturage peut être considéré comme une sorte de clonage. Il reproduit fidèlement les caractéristiques de la plante mère en développement, coloris et cycle végétatif (sauf en cas de plante mère F1).

Le coût de prélèvement est nul et celui de mise en œuvre est très modéré.

On se fait plaisir en produisant les plantes voulues, on peut en offrir à ses amis.

Au niveau des inconvénients, on peut noter une relative lenteur (mais les jardiniers sont reconnus pour leur patience) et quelques difficultés de reprise, dont le pourrissement.

Certains végétaux issus d’obtentions professionnelles déposées sont protégés et leur reproduction est interdite.

3°) Les différentes sortes de boutures 

  • de feuille, pour les plantes vertes
  • herbacée : Philippe nous en fera une démonstration avec des pélargoniums
  • de tige semi-aoûtée et aoûtée
  • de racine (géranium sanguineum, acanthe, pivoine, pavot)
  • d’yeux (vigne)
  • d’écaille (lis)
  • le bouturage à bois sec
  • le bouturage in vitro, réservé aux professionnels

Nous sommes au mois d’août et nous allons mettre l’accent sur les boutures aoûtées et semi-aoûtées, issues des rameaux de l’année qui commencent à se lignifier.

4°) Où prélever les boutures ?

On peut prélever des boutures partout (après accord et avec modération)

– chez vous, après les diverses tailles

– parmi les arbustes décoratifs des villes et villages

– dans les jardins publics

– dans les cimetières

– dans les zones industrielles et commerciales

– chez les amis.

5°) Comment prélever les boutures ?

Par temps calme, prélever les boutures avec un sécateur bien affûté et désinfecté à l’alcool à brûler, à la longueur voulue, juste en dessous d’un départ de feuilles.

Protégez les boutures du soleil par un linge humide dans un panier. Une autre méthode est de les piquer dans une pomme de terre.

Pour les boutures de printemps, il est possible de prélever en pinçant les tiges avec les ongles.

6°) Matériel de bouturage

  • sécateur affûté et désinfecté
  • cutter ou couteau
  • pots en plastique ou en terre
  • bouteilles en plastique
  • sacs plastique + élastiques
  • hormone de bouturage (à fabriquer à partir de saule, voir § 9)
  • petit bâton cylindrique pour faire les trous
  • substrat
  • eau, de pluie de préférence

7°) Types de substrats

  • terreau
  • terre de jardin
  • tourbe
  • sable
  • terre de bruyère
  • eau.

Le mélange le plus utilisé est moitié sable / moitié tourbe.

Dans tous les cas, le substrat devra être humide sans être détrempé.

8°) Bouturage du rosier 

En septembre, prélevez des boutures de 10-15 cm sur les rameaux de l’année.

Dans un mélange sable/tourbe, plantez les boutures en les laissant dépasser de       2 cm, sous châssis ou serre froide, la tête en bas. Au bout de 2/3 semaines, les coupes sont cicatrisées. Plantez ensuite ces boutures en position « normale », toujours sous châssis, en laissant dépasser 1 ou 2 yeux. Maintenez le substrat humide jusqu’aux premiers froids.

La mise en place se fait au printemps suivant, dans une terre argilo-siliceuse exposée au sud.

Les plants obtenus seront cependant moins vigoureux que ceux obtenus par greffage.

9°) Hormone de bouturage

Dans certains cas (rosiers, lilas, hortensias, etc…), il est utile d’utiliser de l’hormone pour favoriser la reprise des boutures.

Ce produit est disponible dans le commerce.

Une autre solution est d’en fabriquer à partir de fragments de saule mis à tremper une nuit dans de l’eau de pluie. Le liquide obtenu doit être utilisé rapidement.

10°) Le bouturage à bois sec

Selon le dicton, « à la Sainte Catherine, tout rameau pend racine ». A partir du repos végétatif des arbustes, prélevez des rameaux de 20-25 cm et, après les avoir débarrassés des feuilles, fichez-les en terre légère, au nord, en laissant dépasser 1 ou 2 yeux. Avec le printemps, les boutures se réveillent et émettent des racines puis des feuilles. Attendez l’automne suivant pour la mise en place définitive.

11°) Mise en œuvre des boutures aoûtées

Chaque bouture doit être « habillée » c’est-à-dire coupée sous un nœud ou départ de feuille, à la bonne dimension, avec les feuilles intermédiaires raccourcies de moitié et celles du sommet supprimées, pour diminuer l’évaporation.

Les boutures sont ensuite placées dans le substrat des contenants, plutôt en périphérie, dans les trous effectués avec le petit bâton.

Ensuite il sera nécessaire de tasser fermement le substrat autour des boutures et d’arroser par capillarité.

Idem pour la mise en œuvre dans le jardin, avec un arrosage modéré à l’arrosoir.

Dans le cas du bouturage à l’étouffée, il vous faudra couvrir le pot avec une bouteille ou un sac plastique pour maintenir l’humidité, en aérant une fois par semaine pour éviter le pourrissement.

L’installation sera effectuée à l’ombre.

La reprise se manifeste par la pousse de nouvelles feuilles. Cette reprise est différente selon les espèces et peut nécessiter de 2 à 8 semaines.

N’hésitez pas à produire un grand nombre de boutures, pour multiplier vos chances de succès. Il vous restera ensuite la mise en place définitive de vos boutures dans votre jardin ou le plaisir d’en offrir à vos amis.

Tableau des plantes et du mode de bouturage

Comment multiplier vos plantes par bouturage

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