Balade avec les Jardiniers de Maubeuge et de la Vallée de la Sambre
Chronique pour « La Sambre » du 27 février 2026 N° 817
Dans mon jardin, les violettes sont déjà en fleurs. J’en avais planté deux godets il y a quelques années et voilà qu’elles couvrent une belle surface, malgré la voracité des limaces.
Les violettes parfumées – en latin Viola odorata – appartiennent à la même famille que les pensées. Elles étaient déjà présentes et tenues en très haute estime dans l’Antiquité : vers 300 avant notre ère, Théophraste les mentionne et elles apparaissent également dans les œuvres d’Horace. Malgré leur parfum volatil, elles furent longtemps considérées comme un symbole de discrétion et de constance.

La violette est une plante vivace rustique haute d’une quinzaine de centimètres, avec des feuilles cordiformes d’où émergent dès la fin de l’hiver et en automne, de petites fleurs en forme de papillons de couleur violette, ou bien blanche, comme son nom ne l’indique pas.
Venue d’Asie, d’Europe ou d’Afrique du Nord, la violette préfère les sols humifères et ombragés. Elle se plaira au pied d’un mur ou d’une haie et ne pose aucun problème de culture. Très facile à vivre, elle se multiplie en émettant des stolons qui donnent, comme chez le fraisier, de nouveaux pieds.

On peut la diviser à l’automne. La plantation s’effectue à tout moment s’il s’agit de godets, en évitant la période estivale. On trouve parfois des variétés différentes, hybridées à partir de violettes des champs, les cousines des violettes odorantes : elles donnent des fleurs plus grosses mais elles ont perdu leur caractère vivace.

La violette odorante est connue pour ses propriétés médicinales. On en trouve de nombreux usages dans de vieux recueils d’herbes. Par exemple, le sirop de violettes était un laxatif léger que l’on utilisait toujours au début du 20ème siècle. L’infusion de violettes était réputée expectorante et diurétique ; en compresses, elle soignait les affections de la peau.
La violette fait partie des fleurs comestibles. Des livres de cuisine du 16ème au 19ème siècles proposent de nombreuses recettes de gâteaux et de vinaigres parfumés à la violette. Fraîches, les fleurs peuvent être ajoutées dans des salades de fruits ou disposées sur un dessert à titre décoratif. On connaît également les violettes cristallisées dans du sucre, spécialité de Toulouse, ainsi que les limonades et les liqueurs à la violette.
Il y a cent ans, Violette était un prénom féminin assez répandu. De nos jours, il s’est raréfié mais continue à être donné par des parents amoureux des fleurs et des parfums.
Association Les Jardiniers de Maubeuge et de la vallée de la Sambre
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