80Balade avec les Jardiniers de Maubeuge et de la Vallée de la Sambre
Chronique pour « La Sambre » du 23janvier 2026 N° 813

Au jardin, le rouge-gorge est l’oiseau le plus facile à reconnaître. Mâles et femelles, d’apparence identique, arborent un plastron orange vif qui recouvre leur front, leur gorge et leur poitrine.

Le dos et la queue sont bruns et le ventre est blanc. L’oiseau présente une forme quasiment ronde, surtout s’il est bien nourri. On le voit souvent sautiller sur ses pattes très fines.

Long de 13 cm, pesant environ 20 g, notre passereau n’est pas farouche. De ses gros yeux noirs, il observe le jardinier travaillant la terre et il s’en approche, dans un but intéressé. Il espère que derrière la motte soulevée, il trouvera l’une ou l’autre de ses friandises préférées : une chenille, une larve, des fourmis, une araignée, des cloportes et même des lombrics. En été et en automne, le rouge-gorge se jette avec gourmandise sur les baies : mûres, groseilles, framboises, sureau noir. Et l’hiver, tout insectivore qu’il est, le rouge-gorge fait preuve d’une grande adaptabilité en se nourrissant des graines qu’il trouve dans les mangeoires. Sans doute avez-vous observé qu’il marque une préférence pour celles tombées au sol.

Le rouge-gorge est solitaire. Il fuit la compagnie, sauf au printemps lorsqu’il se met en quête d’un conjoint ou d’une conjointe. Lorsque le couple se forme, Madame Rouge-Gorge se met à construire un nid en utilisant des herbes, de la mousse et des feuilles. Souvent posé au sol et adossé à un talus ou une haie, le nid est équipé d’une couverture. Il abrite généralement deux pontes de 5 à 6 œufs par an, en avril et en juin. La femelle couve durant 13 ou 14 jours. A l’éclosion, les oisillons, 2 g chacun, sont nourris par les deux parents.

Ils grossissent vite et prennent leur envol 15 jours après leur naissance. Quelle précocité ! Il arrive qu’une troisième nichée se produise en août.

On peut voir un rouge-gorge dans le jardin durant toute l’année. Comme ils se ressemblent, l’amateur se dit qu’il s’agit du même oiseau qui a pris ses quartiers chez nous. En réalité, pas du tout : le rouge-gorge est un oiseau migrateur. Celui que vous avez vu en été s’en est allé à tire d’ailes vers des contrées au climat plus doux tandis que celui que vous voyez en hiver a quitté des zones plus septentrionales pour s’installer chez nous.

La plupart des gens voient le rouge-gorge comme un animal paisible et sympathique. La réalité est plus complexe. Lorsqu’il chante, le mâle signale qu’il est sur son territoire et qu’il entend rester maître des lieux. Malheur à qui voudrait s’y aventurer. Une étude comparative a montré que, rapporté au poids de son corps, le rouge-gorge est l’animal à sang chaud le plus vindicatif et le plus agressif à l’égard des intrus.
Association Les Jardiniers de Maubeuge et de la vallée de la Sambre
Site internet : lesjardiniersdemaubeuge.fr
