Balade avec les Jardiniers de Maubeuge et de la Vallée de la Sambre
Chronique pour « La Sambre » du 29 mai 2026 N° 829

Les départements du Nord et du Pas-de-Calais viennent d’être placés en vigilance sécheresse. Il s’agit du premier niveau de gravité qui n’entraîne pas de restrictions d’usages de l’eau mais qui nous « sensibilise à un usage raisonné de la ressource ». Pour le moment, on peut encore arroser son jardin, mais la nécessité d’économiser l’eau s’impose à nous.
Lorsque la terre est réchauffée et que les végétaux se développent, leurs besoins en eau s’accroissent. Pour diminuer les arrosages et préserver le sol de l’évaporation, le paillage s’avère une méthode précieuse. Il limite la survenue des plantes adventices et en facilite l’arrachage, sans empêcher totalement leur développement. Donc, avant de pailler, il faut rendre le sol net et biner.
Un autre aspect à prendre en compte concerne la température du sol. Les paillages sont des isolants qui agissent dans les deux sens, ils arrêtent les rayons du soleil et ralentissent aussi l’élévation de la température. Observez votre jardin : quand les tomates-cerises de l’année dernière germent spontanément, votre sol est assez chaud pour être couvert.

Il existe deux grandes catégories de paillages. Les uns proviennent de minéraux : ardoises, briques pilées, pouzzolane, billes d’argile. Ils sont à la mode et ont une durée de vie assez longue.

Les autres paillis sont issus de végétaux, on les appelle les paillis organiques. Les plus connus sont les écorces de pin, les plaquettes de pin maritime, les restes de tiges de lin ou de chanvre après la récolte des fibres, les coques de cacao, la paille de blé, certaines graminées telles que le miscanthus.

On trouve aussi le bois raméal fragmenté souvent dénommé BRF. Si vous êtes équipé d’un broyeur, vous pouvez le fabriquer vous-même en hachant assez finement les branches des arbustes que vous taillez.

Les tontes de gazon peuvent aussi servir de paillis mais elles ne doivent pas être étalées en couches épaisses car elles s’échauffent vite.

Le paillage organique économise l’eau, on l’a vu, mais, avantage supplémentaire, il nourrit la terre en l’enrichissant en humus au fur et à mesure de sa décomposition. On peut pailler toute l’année, en particulier en ce moment et durant tout l’été.
Certains paillis sont plus intéressants que d’autres. Par exemple, les écorces de pin, qui ont tendance à acidifier le sol, seront parfaites pour un massif de rhododendrons, azalées et hortensias mais ne conviendront pas aux aromatiques qui préfèrent les sols calcaires.
Pour être efficaces, les paillis s’épandent sur le sol en épaisseurs variables. Trois à cinq centimètres suffisent largement pour les paillis minéraux. Les organiques en nécessitent davantage, jusqu’à six à huit centimètres.
Association Les Jardiniers de Maubeuge et de la vallée de la Sambre
Site internet : lesjardiniersdemaubeuge.fr
